La coulobre de l'étang de l'olivier.

 

          La coulobre de l'étang de l'olivier.

 

La Coulobre était une salamandre géante, qui vivait sous un rocher recouvert par les eaux de la Sorgue.

Mais la salamandre géante ne trouvait pas de mari. Le seul qui voulut bien d'elle était un dragon hideux, qui l'abondonna peu de temps après leurs noces pour aller terroriser les pauvres gens sur les terres de Provence.
La Coulobre allait être mère, elle cachait sa honte au fond d'une vallée souterraine. Un soir, un saint du nom de Véran passa par là. Il portait la bonne parole dans les villes et villages. Il redonnait espoir aux pauvres gens qui contèrent l'histoire de cet animal, devenu légendaire.
Le Saint décida d'affronter le monstre. Il guetta longtemps près du gouffre et vit sortir des eaux, un serpent géant à la tête immonde, au corps visqueux couverts d'écailles phosphorescentes et muni d'ailes de chauve-souris. Au moment ou l'animal se jeta sur Véran, il fît le signe de croix. Aussitôt, une blessure apparut sur le côté de l'animal qui poussa un gémissement terrible, avant de s'enfuir. La Coulobre vola longtemps, avant de pouvoir se poser. A bout de force et de douleur, elle heurta un mont rocheux, puis elle s'éffrondra. On la crut morte.
Plus tard, naquit en ce lieu, un hameau portant le nom du Saint. Mais la Coulobre reparut. Elle logeait sous un rocher, au fond de la Sorgue. Et ne sortait que pour jeter son dévolu sur de jeunes gens qui lui plaisait et qui pourraient faire de bons maris. Mais personne ne voulut d'une créature aussi laide.
Des siècles plus tard, un jeune Italien acheta une maison sur une rive de la Sorgue. Un jour, il aperçut la plus belle femme qu'il eût jamais rencontré. Elle était blonde comme les blés et son visage plus doux que la brise de l'été. Le jeune étranger en tomba amoureux. Il apprit que la jeune femme se nommait Laure. Mais elle était déjà mariée au Seigneur Hugues de Sade.
Le jeune homme tenta de l'oublier. Mais il lui écrivit des poèmes. Cependant, la Coulobre nourrissait en secret l'espoir de l'emmener vivre avec elle et ses enfants. La Coulobre était à la surface de l'eau et contemplait amoureusement  sa maison. La Coulobre vit entrer chez son bien-aimé, une femme merveilleuse.
Folle de rage et de douleur, elle bondit à la surface de l'eau, au moment ou le poète alla poser un baiser sur sa main. Laure poussa un cri et s'évanouit. Le jeune Italien transperça l'animal avec son épée. Le cadavre de la Coulobre vogua au gré des flots où il fût englouti à nouveau.
Devenu célèbre par ses écrits, le poète Italien repartit en Italie. Il apprit que Laure était morte le jour des ses 40 ans emportée par une épidémie de peste. Il revint dans sa maison de la rive sur la Sorgues qui conservait le souvenir de Laure. Il y vécu 16 années.
Il rôdait parfois aux abords où avait disparu la Coulobre. Il ne voyait que surgir des petites salamandres, tachetées d'or, dont on disait dans la région qu'elles étaient les enfants du monstre et qu'elles n'avaient jamais grandi, faute de parents à aimer.
 
 
 
 
 
 
* Source de l'article: Contes et légendes de Provence.
* Journal la Provence: La Coulobre
 
 


27/02/2009
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